Shin


Technique mixte, plaque de métal, report photo,
broderies, chiffons, collage de tissus,pierres, épis de blé,
feuilles d’or, feuilles d’olivier, 2m x 2, 30m.

21ème, n°300, Shin : ש – arabe : sin ﺱ, shin ﺶ, grec : sigma ς, latin : s.

Dent, mâcher, analyser.

Les chemins de l’infant

Liée numériquement et formellement au chiffre 3, elle rappelle les trois patriarches du peuple hébreu, Abraham, Isaac et Jacob. Trois significations de la lettre, qui ont structuré symboliquement le corps de cette dernière : de bas en haut, Shin comme Shoah, mot hébreux signifiant "catastrophe", la Shoah désigne particulièrement l'entreprise d'extermination des Juifs par les nazis. Puis en opposition, Shin comme Shalom : la paix. Enfin pour le fond, Shin dans son sens originel : la dent, représentée par une montagne d’Almeria qui s’appelle la muela, la molaire.

Les trois branches, telle la sève de l’arbre de vie triomphant de la mort, sont les chemins empruntés par les âmes pour se rendre dans leur demeure. Les « voies de chemin de fer » figurées par les coutures des restes de vêtements deviennent les degrés d’une échelle céleste. Les patriarches sont figurés par des poupées de brindilles et de tissus précieux, les âmes des morts par des chiffons. En bas dans le fond, des épis de blés, recouverts de feuilles d’or, sont incrustés dans la matière picturale travaillée en épaisseur. Il s’agit de mettre en relation la base de cette montagne, faite des multiples craquelures d’un sol hostile, avec la vision paradisiaque primitive des blés dorés, rappel de la fertilité qui vient contrarier la fatalité de la mort, et en fin de compte de la victoire de la vie par ensemencement.