Peh


Vinylique, lettres sérigraphiées, feuille d’or,
chofar, pierre peinte, 2m x 2m.

17ème, n°80, Péh : פ – arabe : pa’ ب, grec : pi π, latin : p.

Bouche, parler, respirer.

Le mont de la parole

Peh : la bouche, Poua’h : souffler, Palèt : délivrance, Panim : présence, visage, face, Pessa’h : Pâque, Pardès : verger, paradis, Péta’h : porte, entrée. Le Peh est une bouche contenant un Yod. Par la bouche, passent le souffle, la parole et la nourriture, c'est l'échange et la communication avec le monde, une porte permettant le souffle vital. Peh désigne également un lieu, un endroit, la capacité d'exprimer des idées par la parole.

Le corps de la lettre semble posé sur un horizon, qui pourtant se dérobe. Les formes inventées sont autant de réceptacles pour la couleur qui est subordonnée à l’éclat de la teinte de l’unité frontale de la surface. La couleur traduit l’image onirique perçue dans la résorption des tensions.

Au centre du tableau, un texte de prières du matin à la sortie de la « bouche » et au fond de la « gorge », en forme de dialogue est sérigraphiée une page de commentaire d’un texte du Talmud. Proche du lieu de la glotte, se tient le shoffar, lieu instant du changement narratif. Juste dans son embouchure une braise peinte. Au centre de la parole, cette grotte/glotte où le feu purifie la parole : « L’un des séraphins vola vers moi, tenant un charbon brûlant qu’il avait pris avec des pinces sur l’autel. Il s’approcha de ma bouche et dit : Ceci a touché mes lèvres, et maintenant ta faute est enlevée, ton péché est pardonné. » (Bible de Jérusalem, Le livre d’Isaïe, 6, 1-8).