Mem


Vinylique sur toile, craie, coquillages, branches,
racine d’arbre, sculpture en plâtre, 2 de 2m x 2m.

13ème, n°40, Mem : מ – arabe : mim ﻡ, grec : mu μ, latin : m.

L’eau primordiale

L’origine formelle de Mem provient d’un ancien hiéroglyphe égyptien présentant la forme d’une vague onduleuse. Mem vient de Mayim qui veut dire eau. Mi regarde Im, son reflet inversé.

La nuit comme lumière retournée sur elle-même, la lumière contenue dans l’infini d’une nébuleuse… Tout a commencé par l’image mentale d’une membrane transparente suspendue dans la nuit infinie des temps, mince opercule contenant les étoiles des douze tribus d’Israël dans l’eau sémiotique de leur gestation lunaire, vision hydrographique et stéréoscopique révélant une transmutation dans un fourmillement binoculaire de grains infinitésimaux. Dans le livre de la Genèse, le Créateur créa le monde : l’univers était « vide et vague, les ténèbres couvraient l'abîme, un vent de Dieu tournoyait sur les eaux ».

Deux tableaux forment un diptyque, l’un étant l’esquisse de l’autre. Deux phases se succèdent ainsi dans une sorte de générateur constant d’obscurité, raccourci révélant en négatif ce « qui n’est jamais né et jamais mort ».

Dans le corps de la lettre, un foisonnement d’écritures se trouve en suspension dans un espace flottant, léger et translucide. Les traces blanches du centre du Mem dialoguent avec les deux effigies de plâtre blanc de Sarah et de Myriam, personnalités féminines centrales de l’Ancien Testament.