Guimel


Huile sur toile, collage d’affiches, objet en branches de coudrier,
plaques de tôle, 2m x 3m.

3ème, n°3, Guimel : ג – arabe : ta ت, grec : gama γ, latin : C.

Chameau, rupture, sortir.

L’allégorie de la séparation

Guimel, lettre du désir et du départ, porte la force primordiale vers l’extérieur en l’affranchissant de son séjour domestique, au-delà, à la recherche d’une harmonie qui peut disparaître comme un éclair. La lettre est associée étymologiquement au chameau, animal du désert et moyen de traverser ce désert, lieu vide dans lequel Dieu a choisi paradoxalement de se révéler.

Dans cette approche presque littérale du déchiffrement de Guimel, l’allégorie a surgi au moment où j’ai superposé mentalement mon propre corps à la silhouette plate et sylvestre de la lettre « chameau ». Nomade je devins, je suis, à la fois profil et face, tête et corps de tôle écrasée, ombre matérielle d’un pas démesuré né d’un réseau circulatoire de branches, curseur immobile d’un espace sans nom, défini par la superposition légèrement décalée de trois matériaux différents, induisant plusieurs niveaux de lecture, comme les volets accumulés d’un polyptyque. Vannerie de noisetier, Corylus avellana, en espagnol oiseau-plat correspond selon l’alphabet druidique à la lettre coll  : C. Les branches de noisetier correspondent aux baguettes de coudrier des sourciers.