Daleth


Technique mixte sur toile, toile de jute, branches, 2m x 2m.

4ème, n°4, Dalet : ד – arabe : tha ث, dal : ﺩ, dhal ﺫ, grec : delta δ, latin : D.

Porte, ouverture, pauvreté.

Radix Porta.

Étymologiquement, Daleth se rapproche de Dalit, branche, de Deleth, porte, mais aussi de Dam, sang, de Dereckh, voie, chemin, de Dalah, pauvreté et de Dal, pauvre. Des concrétions apparaissent à la surface de la toile, le raclage de la laque de garance qui recouvre la couche du fond de minium orange laisse apparaître les traces laissées par la spatule. La matière est mise à nu, ouverte au rêve de multiples métamorphoses. S’infusant au cœur du matériau dans la partie inférieure du tableau, s’étirent les bandes étagées d’un tissu de jute grossier destiné au jeûne, à l’indigence, au dénuement du pèlerin en marche vers ses horizons qui se superposent au fil du temps. Daleth établit un dialogue entre des conceptions d’espaces picturaux différents : une surface orthogonale traitée comme une concrétion rouge et expressionniste, la frontalité terrestre d’un carré rythmé de tracés d’horizons, étagés puis orientés vers un point de fuite fictif, une aire marquée par les sutures de son procédé révélé plus haut dans le corps de la lettre par le signe d’une perspective atmosphérique comprise dans les plis lourds de son espace.