Ayin


Vinylique, acrylique, collage d’affiches déchirées,
rétroviseur, brisé, feuille de cuivre repoussé, lecteur D.V.D.,
branche d’acacia, avec incrustations d’yeux de verre,
photo argentique, miroir, 2m x 2m.

16ème, n°70, Ayin : ע – arabe : -, grec : omicron ο, latin : o.

Œil, voir, regarder.

Vers l’aurore

Ayin signifie œil. On retrouve son origine formelle en Égypte, dans la forme du disque solaire, représentation stylisée de l’œil divin de Rê. La lettre protosinaïtique s’étend à la signification de la source à l’œil bleu qui jaillit depuis le sable du désert. Symboliquement, elle est la lettre du pèlerinage aux sources du regard.

Ce montage fonctionne comme un piège, beaucoup d’éléments entrent en jeu dans des allers et retours intérieurs et extérieurs de l’œuvre. Le but néanmoins recherche un univers qui peut se saisir d’un seul coup d’œil et aussi s’appréhender de plusieurs manières, faisant appel aux différents plans de l’être. Comme le poème qui déclenche des images dans l’esprit de chacun par associations d’idées et de mots hors de celles qui sont décrites, Ayin est le lieu de la construction du regard.

L’espace pictural s'introduit à partir d’un montage, forme d’instabilité qui se traduit par un assemblage qui doit faire tenir ensemble des éléments issus de divergences iconographiques, dans le temps et l’espace, de différents matériaux et de ready-made, de démarches, concepts et procédés  parfois contradictoires, dans un dispositif dont la charge sémantique dépend du sens pictural de l’unité, enserré dans l’espace de la toile, mais également hors de l’œuvre.

Les éléments matériels du regard convoqués : le miroir, des yeux de poupée incrustés dans les yeux de l’arbre : Séraphin au corps rempli d’yeux voyant partout à la fois, la photo qui photographie, les affiches et le cinéma, le trompe l’œil et l’oeil ouvert, l’oeil fermé, le cuivre, la vidéo. La nature nous regarde : c’est la pierre œil.